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La dépêche de Tahiti : Samedi les jeunes ont mis le feu

hura 2Sous le titre – La « battle » des gens heureux – (jeu de mots raffiné), Karim Mahdjouba nous livre ses impressions dans la Dépêche de Tahiti après avoir vu le très beau spectacle de Hititika.

« Ils peuvent être heureux. Fiers de leur prestation, de l’originalité de leur spectacle.
Pour leur première participation au Hura Tapairu, les danseurs du groupe Hititika, dirigé par Heifara Bertho, ont réussi leur entrée sur la scène du grand théâtre de la Maison de la culture, à Papeete.
Samedi soir dernier, en clôture de la 4e soirée du concours de danse 2014 (10e édition), ces étudiants à l’université ont réussi à allier avec talent la danse traditionnelle et l’art contemporain, au travers de leur spectacle “Hura atu, hura mai”, écrit par Maheata Teavai et Yann Mamatui.
Dans la catégorie Hura Tapairu, la surprise a été de taille, surtout lors du ‘ote’a. Sur la base d’une légende tahitienne, deux groupes s’affrontent en ‘ori tahiti, s’inspirant des “battles” modernes, où des danseurs s’opposent sur leurs qualités artistiques.
L’histoire choisie par Hititika raconte la rivalité entre deux danseuses, purotu pour le coup, et leur clan. Elles s’appellent Tu-Tamahine et Rau-Ana. La première, de Tautira, dit de sa danse qu’elle est une anguille gracieuse, héritage ancestral. La seconde, de Pare, concède que la sienne est différente, celle d’un papillon virevoltant. La tradition opposée à la modernité. L’allusion aux fervents défenseurs de la pure tradition du ‘ori tahiti et à ceux qui en prônent son évolution est toute écrite.
Hititika a donc proposé ces deux styles. La coutume, avec un ‘ote’a tane de guerriers, comme pour rappeler la fonction originelle de ce rite. Des tane qui semblent sortir du fin fond des âges et des vallées. ‘Aito. Au milieu, la modernité y trouvesa place avec des sauts très hauts et regroupés, simulant des attaques, et des positions à terre très basses, proches des arts martiaux. Même sensation au photo hura 2014 meldébut du spectacle lorsque les deux danseuses se font face, une jambe en avant tendue et l’autre légèrement fléchie en arrière, buste de profil, main de garde devant, main d’attaque au-dessus de la tête, tenant dans leurs mains des “ii” en guise d’armes. On peut alors penser à des références cinématographiques.

Pour autant, la tradition reprend toujours ses droits. Dans les costumes tout d’abord, notamment lors des ‘aparima.
Mais aussi lors de l’exécution des ‘ori tahito. Celui de Teriitaumihau a Matatini Cordioli tane et surtout celui de Timeri Thieme vahine, dont le regard aurait fait danser de joie les tupuna.
Finalement, si on prend en considération que le Hura Tapairu est ouvert à un ‘ori tahiti contemporain, mais qui se doit de respecter les bases, et à condition que le jury estime que la technique de danse était correcte, pas impossible de voir Hititika, qui regroupe en fait les jeunes danseurs du groupe Tamariki Poerani, en finale samedi soir prochain. »

Karim Mahdjouba

Photo : MEL

Diaporama de la Dépêche de Tahiti

 

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